Petite Histoire de Rognon

En 1200, alors que Rebecq est possession des seigneurs d'Enghien, Rognon est une terre franche appartenant aux Trazegnies. Les Trazegnies étaient les Seigneurs du Franc Fief de Rognon et devinrent les Princes «DES FRANCS STAULX» de Rognon. Leurs armoiries étaient les suivantes : « Bande d'or et d'azur de six pièces à l'ambre de lion brochant sur le tout et à la bordure engrelée de gueule».

Un fief est une terre que le roi donne aux guerriers qui l'aident et qui lui sont fidèles.


1360 : une sentence de la Haute Cour de Brabant réunie à Genappe confirme la possession de Rognon en « Franc fief »  à Othon de Trazegnies.  Un « Franc Fief »  est un bien héréditaire exempt de toute taxe et droit seigneural.


1385 : Jean, seigneur de Trazegnies, est seigneur de Rognon.


1399 : Oste (Othon) de Trazegnies est chevalier.


1614 : Le Marquis de Trazegnies est en même temps Prince de la Terre Franche de Rognon. On qualifie de Principauté le territoire exigu et presque désert entre les rues actuelles de Haute et Basse Franchise.

La rue du Gibet rappelle les temps lointains oú les Seigneurs de Trazegnies exerçaient le droit de haute justice sur leurs sujets. Et le bourreau de cette époque habitait au numéro 4 de l'actuel chemin Saint-Hubert.


Bataille de Steenkerque, le 3 août 1692. L'infanterie de Guillaume d'Orange progressait entre le hameau du Stoquois et la ferme du Trieux de Rognon. Cette épisode de guerre se termina en 1697 par la paix de Rijswyk et Louis XIV dut rendre l'essentiel de ses conquêtes.


Vers 1738 ou 1740, la juridiction de Rognon ne comptait que 14 maisons et 50 habitants. Cependant, il y règnait une certaine activité industrielle, résultat de la situation exceptionnelle de la localité. Il s'y distillait beaucoup d'eau-de-vie, que les habitants du Hainaut, et notamment ceux d'Enghien, venaient chercher en fraude. Rognon avait son tribunal particulier, composé d'un bailli, de sept échevins et d'un greffier, et son livre d'assiette ou registre d'impositions.


Rognon fusionne en 1824 avec Rebecq. Le seul texte qui décrit plus ou moins les limites de Rognon est de Tarlier et Wauters. Nous savons que la superficie était d'un peu moins de 80 hectares (vers 1870, quatre propriétaires se partageaient 80 % du territoire). La limite de la commune était formée : vers l'est par le chemin Saint-Hubert (existe toujours sans modifications connues), depuis la Tour-au-Bois jusqu'à la chapelle du Gibet ; vers le sud par le chemin de Millecamp, depuis la chapelle du Gibet (à l'angle du chemin Saint-Hubert et du chemin Bouvette) jusqu'à la dernière maison de Rognon, à l'occident ; vers l'ouest par une ligne suivant parallèlement le chemin du Bribeau à une distance d'environ 200 m. E. ; vers le nord, par la Senne et les Garennes de Sainte-Catherine et de la Tour-au-Bois (qui va jusqu'à la Senne). Rognon se divisait en deux groupes d'habitations : au sud, la Haute franchise se composait de 6 maisons : la ferme du Bois Jurion, la ferme du Gibet, la maison de Frère Pierre, la maison Grumiau, la maison Dujacquier et la maison Pierre Demeure ; la Basse franchise se composait de 8 maisons : la ferme de la Tour-au-Bois (allant jusqu'à la Senne), la ferme Sainte-Catherine, la ferme de la Danse, la ferme Sainte-Aldegonde, la maison Paridaens, la maison Spinette, la maison Delabie et la maison Beublet.

Le procès verbal de la d'limitation de la commune porte la date du 15 mai 1827.
A cette époque il n'y avait pas de chemin de fer ni de Vallée des Oiseaux, ni même de rue Haute Franchise - nom actuel.

Le hameau d'Hou appartenait à la seigneurie d'Offembais.


En 1824, à la suite d'une d'nonciation du mayeur de Rognon, on reprit le projet, qui avait déjà été conçu en l'an VIII, de réunir cette petite commune à celle de Rebecq, dans laquelle elle était pour ainsi dire enclavée. Rognon n'avait alors que 96 habitants et 42 florins de revenus communaux, tandis que Rebecq comptait 2.471 habitants et 140 florins 48 cents de revenus communaux. Le 8 juin, sur l'invitation du gouverneur, les deux conseils communaux se réunirent à Nivelles sous la présidence du commissaire de district et émirent un avis unanimement favorable à la réunion, qui fut prononcée par un arrêté royal en date du 1er décembre.


05/01/1867 : ouverture de la ligne de chemin de fer Rognon à Rebecq, fermée le 01/06/1988.


1878 : pour la ligne ferroviaire 115, section Tubize-Ripain-Quenast-Rebecq-Rognon, fut construit le pont avec cinq arches. Premier train en gare de Rebecq le 15 novembre 1879. Vers 1867 avait été construit le père de ce pont sur la ligne 123 entre Rognon et Petit - Enghien.


15/11/1879 : ouverture de la ligne de chemin de fer Quenast - Rognon.
Ligne supprimée en 1961 mais jusqu'en 1976 survécut l'arrêt de Rognon sur la ligne Braine - Le - Comte -> Enghien -> Gand Saint Pierre.

Jusque fin des années 60, pas mal de travailleurs (dont beaucoup de flandriens) transitaient par la gare de Rognon pour se rendre à Quenast (carrières), Tubize (Fabelta) ou Clabecq (forges). Sur le plateau de la gare, il y avait au moins un café où ces gens de passage pouvaient étancher leur soif. Les fermiers venaient également déposer leurs betteraves sur le quai afin d'être embarquées vers les sucreries.


Depuis mai 1977, le Petit Train du Bonheur circule entre Rebecq et Rognon.


C'est en 1995, qu'un nouveau comité de quartier vit le jour pour relancer la vie associative et la convivialité du hameau. C'est ainsi que naquit « Rognon-Vit ».


Sources : le Rewisbique et les revues éditées à l'occasion des cortèges historiques à Rebecq